
C’est au cœur du nouveau campus de l’emlyon business school, dans le quartier de Gerland (7ᵉarrondissement de Lyon), que s’est tenue, lundi 6 octobre, la Séance d’ouverture des Entretiens Jacques Cartier 2025. Près de trois cents invités — élus, partenaires, membres des délégations économiques et commerciales, amis du Centre Jacques Cartier — avaient répondu présents pour ce moment fort marquant le coup d’envoi d’une édition consacrée à la thématique « Résiliences et transformations : nouvelles dynamiques pour un monde en mutation ». La présidente du directoire et directrice générale d’emlyon business school, Isabelle Huault, a ouvert la soirée en soulignant combien ce thème résonne avec les missions d’une école tournée vers les grands enjeux sociétaux. « Les Entretiens sont un formidable espace pour nous assurer, individuellement et collectivement, d’être non pas des spectateurs passifs, mais des acteurs engagés, ambitieux et solidaires », a-t-elle déclaré, invitant à « tendre vers un horizon de sobriété plutôt que de performance ».Pour sa première participation en tant que présidente du Centre Jacques Cartier, Isabelle Bourgade a salué « la fidélité et la créativité » du réseau franco-québécois, tout en rappelant plus de quarante ans de coopération entre les deux territoires. « Les Entretiens incarnent la créativité entrepreneuriale et l’engagement citoyen qui nous permettent de construire ensemble des réponses concrètes aux grands défis de notre époque », a-t-elle souligné.
Les collectivités réaffirment leur engagement commun
Les élus présents ont ensuite pris la parole pour témoigner de la force et de la diversité de ce partenariat transatlantique. Jérôme Auslender, adjoint au maire de Clermont-Ferrand en charge des relations internationales, a souligné l’importance de la coopération universitaire et scientifique, notamment dans le domaine de la santé, rappelant combien « les échanges entre la France et le Québec favorisent l’innovation médicale et la formation ». Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, a insisté sur « la nécessité de construire des territoires résilients et solidaires, où les transitions écologiques et économiques se nourrissent mutuellement ». Philippe Meunier, vice-président délégué aux relations internationales de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a salué un « record de participation du côté québécois » et « la richesse des collaborations dans les domaines de la recherche et de l’innovation ». Enfin, Henri-Paul Rousseau, délégué général du Québec à Paris, a conclu cette séquence institutionnelle sur une note chaleureuse : « Il souffle ici un vent d’amour exceptionnel pour le Québec », a-t-il lancé, sous les applaudissements.
Le Centre Jacques Cartier au cœur des coopérations
Pour clore cette première partie, Amandine Bresselle, directrice générale du Centre Jacques Cartier, a présenté les grandes réalisations de l’année écoulée et les ambitions de cette nouvelle édition. Une vidéo a mis en lumière quelques projets menés dans les domaines de la recherche, de l’entrepreneuriat et des mobilités, illustrant la densité et la diversité des collaborations entre les deux rives de l’Atlantique. « Les Entretiens Jacques Cartier, c’est avant tout un réseau vivant, fait de rencontres, de projets et d’idées partagées », a-t-elle rappelé, saluant la mobilisation constante des partenaires français et québécois.
En conclusion de cette première séquence, Nathalie Dompnier, présidente de l’Université de Lyon, a pris la parole pour introduire la deuxième partie de la soirée : une conférence croisant les regards du biologiste Olivier Hamant et de l’architecte urbaniste Priscilla Ananian sur les notions de résilience et de transformation. Ensemble, ils ont exploré les multiples visages de la résilience à travers le prisme du vivant et des territoires.
Conférence : regards croisés, entre science et territoire
Olivier Hamant a ouvert la discussion en interrogeant notre obsession de la performance, devenue selon lui un facteur de fragilité : « Plus un système est performant, plus il devient rigide. Or, dans un monde en mutation, ce n’est pas la performance qui sauve, mais la capacité à s’adapter. » Il a défendu une approche fondée sur la robustesse, inspirée du fonctionnement du vivant, avec la diversité, la coopération et la sobriété comme clés de stabilité. Mais pour le chercheur en biophysique à l’ENS de Lyon, ce changement ne peut advenir sans une transformation culturelle profonde : « Sortir du culte de la performance, c’est transformer nos imaginaires collectifs pour rouvrir le champ du possible. »
De son côté, Priscilla Ananian a transposé la réflexion à l’échelle urbaine, à partir du projet de relance du Quartier latin de Montréal, qu’elle pilote à l’Université du Québec à Montréal. Elle a présenté la notion de ville apprenante, fondée sur le principe d’apprenance — la capacité collective à apprendre en transformant son environnement. « Faire de la ville un espace apprenant, c’est reconnaître la capacité des citoyens à transformer leur milieu de vie », a-t-elle expliqué. Elle a décrit une approche proactive de la résilience : non pas rebondir après les crises, mais créer dès maintenant les conditions de la transformation. Olivier Hamant a quant à lui mis en garde contre une vision de la résilience qui ne serait qu’un “retour au monde d’avant” : « Si la résilience consiste à tout reconstruire à l’identique, elle perd son sens. Le défi, c’est la transformation. »
En conclusion, Nathalie Dompnier a salué la richesse d’un échange illustrant l’esprit des Entretiens Jacques Cartier : un espace où chercheurs, institutions, entreprises et citoyens réfléchissent ensemble aux transformations à venir. La soirée s’est ensuite achevée dans une atmosphère conviviale, autour d’un cocktail de réseautage.
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2e rang : Stéphane Pallage, recteur de l’UQAM, Henri-Paul Rousseau, Bernard Sinou, président sortant du CJC, Philippe Meunier, Jérôme Auslender, Robert Olivier, président de la Fondation du Centre Jacques Cartier (Québec), Nathalie Dompnier et Sidonie Mérieux, présidente de la Fondation CJC France.
(photo : Geoffrey Reynard)