EJC 2026 : Trois questions à Mathias Bernard

Le président du Comité de programmation et de prospective présente la thématique qui guidera la programmation des EJC 2026.
Appel à projets Publié le 08 décembre 2025 / Dernière mise à jour le 08 décembre 2025
Mathias Bernard, président de l’Université Clermont Auvergne, préside le Comité de programmation et de prospective du Centre Jacques Cartier (photo : Jean-Luc Nebrard)

Pour la première fois en 2025, une thématique annuelle structurait la programmation des Entretiens Jacques Cartier (EJC). Mathias Bernard, président du Comité de programmation et de prospective – chargé d’évaluer les propositions issues de l’appel à projets – dresse le bilan de cette première expérimentation et dévoile la thématique fil rouge de l’édition 2026.

Quel bilan tirez-vous de cette première année d’expérimentation d’une thématique annuelle ?

Il apparait clairement que la mise en place d’une thématique a offert un véritable fil conducteur à l’ensemble de la programmation, tout en fédérant les acteurs autour de grands enjeux de société.

Les porteuses et porteurs de projets, à l’origine des 25 colloques et conférences issus de notre appel à projets, ont pleinement joué le jeu de cette nouvelle approche. Les membres du Comité de programmation et de prospective ont été particulièrement impressionnés par la diversité des angles d’approche, tous en lien avec la question des Résiliences et transformations, et la qualité des intervenants mobilisés.

La Séance d’ouverture a également été repensée pour proposer une réflexion approfondie autour de cette thématique, portée cette année par les universitaires Olivier Hamant et Priscilla Ananian. Cette nouvelle formule a été très favorablement accueillie par les participantes et participants.

Enfin, l’ensemble des porteurs de projets a produit une synthèse des échanges tenus lors des colloques et conférences. Ces contributions constitueront le socle d’un cahier de réflexions qui sera diffusé en janvier prochain.

Fort de ce bilan très positif, nous avons donc décidé de reconduire l’exercice et de nous appuyer, pour 2026, sur une nouvelle thématique.

Comment la thématique de l’édition 2026 a-t-elle été définie ?

La réflexion a été initiée, comme l’an dernier, au sein de l’Assemblée des recteurs, rectrices, présidentes et présidents d’université, à laquelle j’ai eu le plaisir de participer. Les questions de liberté académique et d’autonomie institutionnelle, parfois mises à l’épreuve dans le contexte mondial actuel, y ont occupé une place centrale.

C’est donc tout naturellement que la notion de Liberté s’est imposée au fil de nos échanges. Le Comité de programmation et de prospective s’est ensuite emparé de cette thématique, en y associant celle des Responsabilité. Les discussions menées avec les partenaires du Centre Jacques Cartier, puis avec le conseil d’administration, ont permis de préciser notre orientation et d’aboutir à la formulation « Liberté, responsabilité, souveraineté : des défis pour innover ensemble ». Cette approche nous permet également d’intégrer plusieurs enjeux stratégiques territoriaux actuels, notamment ceux liés aux questions de sécurité au sens large.

Comment cette thématique peut-elle s’incarner dans les différentes activités des EJC ?

Cette thématique offre un cadre particulièrement riche pour l’ensemble des activités des EJC. 

Si les notions de libertés et responsabilités évoquent spontanément les sciences sociales (liberté d’expression, de pensée…), elles dépassent largement ce champ et s’inscrivent dans toutes les disciplines.

Elles invitent par exemple à interroger les libertés économiques et technologiques, telles que la liberté de commerce ou d’innovation, en articulation avec les responsabilités environnementales et sociales; celle d’innovation dans les sciences et technologies, en lien avec les questions éthiques, de sécurité ou de gestion des données; les libertés individuelles en santé, se croisant à celles de responsabilités collectives, lors de gestion d’épidémies par exemple; ou bien encore les questions de liberté et de responsabilité des créateurs dans les disciplines artistiques par exemple.

La notion de souveraineté apparait comme un prolongement complémentaire de ces réflexions, en forte résonance avec le contexte géopolitique mondial actuel.

Cette thématique offre un terrain propice à des collaborations interdisciplinaires et intersectorielles, qui constituent l’ADN du Centre Jacques Cartier. 

Nous conserverons par ailleurs une certaine souplesse dans la sélection des projets afin de soutenir des initiatives qui, bien que ne relevant pas directement de cette thématique, apporteront un éclairage essentiel sur d’autres enjeux majeurs.

Pour conclure, je dirais que l’ambition de cette nouvelle thématique est de stimuler, une nouvelle fois, une programmation riche, ouverte et innovante, dans laquelle chaque discipline et chaque partenaire pourra pleinement trouver sa place.

Pour plus d’informations sur l’appel à projets 2026, consultez le site Web des Entretiens Jacques Cartier.