
Eva Librán Pérez, ingénieure de projet à l’Université Jean Monnet (Saint-Étienne), et Éric Allard, enseignant-chercheur au Cégep de Victoriaville, coorganiseront un colloque le mardi 7 octobre, dans le cadre des EJC 2025, en partenariat avec la SEPR (Société d’enseignement professionnel du Rhône) et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes. Nous leur avons posé quelques questions.
Pouvez-vous nous présenter votre colloque en quelques mots ?
Ce colloque vise à interroger les profondes mutations à l’œuvre dans les métiers d’art, à l’intersection de l’innovation technologique, des enjeux environnementaux et des transformations socio-économiques.
Entre tradition et innovation, il s’agit de penser des formes de transmission, de recherche et d’accompagnement qui respectent les savoir-faire tout en les projetant dans les futurs possibles.
À travers des conférences, une table ronde transatlantique et des ateliers participatifs, nous explorerons comment renforcer les synergies entre les acteurs économiques, de la formation professionnelle, de la recherche et de l’innovation, au Québec comme en France et en Europe.
En quoi s’intègre-t-il à la thématique de cette édition ?
La thématique 2025 des Entretiens Jacques Cartier, « Résiliences et transformations : nouvelles dynamiques dans un monde en mutation », résonne particulièrement avec les enjeux actuels des métiers d’art. Souvent perçus comme ancrés dans le passé, ces métiers sont pourtant des lieux d’innovation vive, tant dans leurs pratiques que dans leurs formes de transmission ou leur capacité à répondre aux défis contemporains.
Notre colloque entend précisément explorer cette articulation entre héritage et transformation, et mettre en lumière des démarches collaboratives et prospectives de part et d’autre de l’Atlantique.
Comment est née votre collaboration et quelles en ont été les retombées ?
Notre collaboration a débuté en juin 2022 autour du projet européen MOSAIC (Mastering Job-Oriented Skills in Arts & Crafts Thanks to Inclusive Centers of Vocational Excellence), qui réunit des partenaires de sept pays, dont la France et le Canada, autour des enjeux de la formation professionnelle et de la recherche. Ce projet a pour objectif de promouvoir l’excellence de la formation professionnelle dans le secteur des métiers d’art.
MOSAIC se concentre sur l’identification et la réduction des écarts de compétences entre la demande (les compétences recherchées sur le marché du travail) et l’offre (celles effectivement enseignées dans les centres de formation), en anticipant les besoins futurs du secteur de métiers d’art. Il aborde également les évolutions des métiers d’art en termes de compétences techniques et transversales, de développement durable, d’entrepreneuriat, de transformation digitale et d’inclusion sociale. Le projet cherche à améliorer l’offre de formation professionnelle en proposant de nouveaux modules et en intégrant des méthodologies et outils numériques innovants.
Ce projet a également permis de créer des passerelles entre nos établissements et de développer une approche comparée des pratiques d’innovation, notamment à travers l’exemple du centre de recherche et développement en formation professionnelle Inovem, hébergé à l’École Nationale du Meuble et de l’Ébénisterie du Cégep de Victoriaville.
Étudier le modèle québécois a permis aux partenaires européens de mieux comprendre comment la formation professionnelle peut intégrer des démarches de recherche et développement. Cette dynamique a déjà donné lieu à plusieurs événements internationaux, à des publications et à des outils pédagogiques partagés.
Quelles retombées attendez-vous de ce colloque?
Ce colloque est une étape clé pour consolider les liens transatlantiques dans le champ des métiers d’art, mais aussi pour nourrir des coopérations concrètes entre centres de formation professionnelle, établissements de recherche, collectivités et artisans.
Nous espérons faire émerger de nouvelles pistes de collaboration, notamment en matière de recherche appliquée, de mobilité, ou encore d’expérimentation pédagogique.
Nous souhaitons contribuer à une meilleure reconnaissance des métiers d’art comme un secteur clé, à l’intersection du patrimoine, de l’économie locale et de l’innovation sociale.
À SAVOIR :
« Entre tradition et innovation : renforcer les synergies pour accompagner les mutations dans les métiers d’art »
Colloque présenté par l’Université Jean Monnet (Saint-Étienne), le Cégep de Victoriaville, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes et la SEPR.
Mardi 7 octobre, 13h
SEPR, 46 rue Professeur Rochaix, Lyon 3e.
Information et inscriptions