
À quelques jours de l’ouverture de leur 38e édition, les Entretiens Jacques Cartier s’apprêtent à accueillir une mobilisation sans précédent.
Dans un contexte international marqué par les recompositions géopolitiques et les enjeux de souveraineté, cette édition entend faire du dialogue entre le Québec et l’Auvergne-Rhône-Alpes un véritable levier de coopération et de développement.
Amandine Bresselle, directrice générale du Centre Jacques Cartier, en présente les grandes orientations.
Cette 38e édition des Entretiens Jacques Cartier s’annonce particulièrement ambitieuse. Quels sont les principaux marqueurs de cette année ?
Nous nous préparons à vivre une édition exceptionnelle ! Une cinquantaine d’activités sont au programme et nous attendons plus de 2000 participantes et participants, dont plus de 300 issus des délégations d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Nous enregistrons aussi une forte mobilisation des milieux politiques, académiques, économiques et institutionnels, avec notamment des représentations politiques de très haut niveau. Alors que de nouveaux exécutifs viennent de prendre leurs fonctions de part et d’autre de l’Atlantique, les Entretiens constituent une occasion privilégiée de renouer les échanges et de donner un nouvel élan aux relations entre nos territoires.
Côté québécois, nous sentons un réel engouement à s’engager dans cette édition et à accueillir les partenaires français.
Cette mobilisation témoigne de la pertinence du Centre Jacques Cartier, plus de 40 ans après sa création.
L’actualité internationale des dernières semaines donne aussi une résonance toute particulière à notre thématique : « Liberté, responsabilité, souveraineté : des défis pour innover ensemble ». Par ailleurs, les enjeux de sécurité, entendus au sens large, traverseront également une grande partie de la programmation. Il s’agit d’une préoccupation commune à nos deux territoires, qui disposent chacun de compétences et d’expertises dans ce domaine.
Cette année encore, nous souhaitons faire émerger des propositions concrètes de ces trois jours d’activités. Le livre blanc que nous élaborerons collectivement à l’issue de cette édition permettra de capitaliser sur les échanges et de contribuer à la réflexion sur les grandes questions de notre époque.
Le rapprochement économique semble occuper une place centrale dans cette édition. Quelles sont les grandes nouveautés de la programmation ?
L’une des grandes nouveautés est effectivement le renforcement de la dimension économique des Entretiens. Dès son arrivée, notre nouvelle présidente, Isabelle Bourgade, a souhaité donner une impulsion supplémentaire à cet axe.
La création d’un Forum économique transatlantique, codéveloppé avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en est une illustration concrète. Plus de 200 acteurs économiques des deux territoires sont attendus pour échanger autour de secteurs stratégiques : la défense, l’aéronautique, la cybersécurité et l’intelligence artificielle.
Notre conviction est simple : le développement économique est un puissant moteur des relations entre les territoires. Nous voulons donc aller au-delà du dialogue et multiplier les occasions de collaboration et de partenariat entre les entreprises québécoises et celles d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Une quarantaine d’entreprises de la région, dans des secteurs stratégiques aussi variés que la défense, l’aéronautique, l’intelligence artificielle, la santé ou encore la culture, sont d’ailleurs attendues durant ces EJC. C’est un chiffre que nous n’avions pas atteint depuis de nombreuses années et qui témoigne de cette dynamique.
Par ailleurs, nous poursuivons le développement des rencontres sectorielles, notamment dans les domaines de la santé, de la culture et de l’enseignement technique. Ces formats, que nous avons imaginés il y a quelques années, ont démontré leur pertinence et répondent à une véritable attente de notre écosystème. Pour autant, cette évolution ne se fait pas au détriment de ce qui constitue l’ADN des Entretiens. Nous conservons les rendez-vous qui font leur succès : les colloques et conférences, les moments de convivialité et de réseautage, ainsi que les missions découverte, qui permettent aux participants d’explorer les possibilités offertes par les territoires qui les accueillent.
Qu’aimeriez-vous que les participants retiennent de cette édition ?
D’abord, qu’ils profitent pleinement de cette parenthèse ! Qu’ils écoutent, proposent, échangent, fassent de nouvelles rencontres et saisissent les occasions qui se présentent.
La force des Entretiens Jacques Cartier réside avant tout dans la rencontre. À une époque où une grande partie de nos échanges se déroule à distance, le fait de pouvoir se retrouver physiquement, de prendre le temps de discuter et de créer des liens est essentiel.
Les EJC sont un peu le grand rendez-vous familial annuel de notre réseau. Il y a bien sûr la programmation officielle, mais aussi tous ces moments informels qui se déroulent en marge de ces activités et qui sont souvent à l’origine de belles collaborations.
C’est aussi cela, l’esprit des Entretiens : faire dialoguer les idées, rapprocher les personnes et faire naître des projets.
Et, bien sûr, profiter de son séjour pour découvrir les richesses des territoires québécois qui nous accueillent et apprécier la chaleur de l’accueil de leurs habitants !