Colloque en lumière : « Défis liés aux aléas hydrométéorologiques dans un monde complexe et incertain »

Bernard Motulsky, professeur au Département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal, et Valérie Colomb, maîtresse de conférences à Sciences Po Lyon et chercheuse au laboratoire ELICO de l’Université Lumière Lyon 2, présentent le colloque qu’ils proposeront lors des EJC 2026.

Par Centre Jacques Cartier

EJC Publié le 15 octobre 2026 / Dernière mise à jour le 15 octobre 2026
Bernard Motulsky et Valérie Colomb

Face à l’intensification des événements climatiques extrêmes, la gestion de l’eau constitue un défi majeur pour les territoires. Les 9 et 10 novembre, chercheurs et praticiens français et québécois se réuniront dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier pour croiser leurs expériences et explorer des solutions innovantes. Au-delà des réponses techniques, ce colloque, porté par Bernard Motulsky et Valérie Colomb, entend souligner l’importance du dialogue entre acteurs et de la coopération pour renforcer la résilience des territoires face aux inondations et aux sécheresses.

Pouvez-vous nous présenter votre colloque en quelques mots et expliquer ce qui en fait l’originalité ?

Organisé par Sciences Po Lyon, l’Université du Québec à Montréal et le Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ) dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier, ce colloque réunit chercheurs et praticiens les 9 et 10 novembre. Il fait le point sur les expérimentations, les modèles et les solutions innovantes en gestion de l’eau face aux événements extrêmes.

Son originalité est double. Il croise deux réalités climatiques : celle du Québec, en milieu subarctique, et celle de la région lyonnaise, qui connaît tour à tour l’excès d’eau et la pénurie. Il fait aussi dialoguer des acteurs qui se parlent peu : villes, métropoles, gouvernement fédéral, organismes de bassin versant, fondations et universitaires. Dans ce contexte, comprendre les représentations et les récits en jeu autour de l’eau, devient un préalable à une action collective, et à la saisie des points d’ancrages et de  blocages pour la mise en place de politique publique.

Pourquoi cette thématique est-elle particulièrement importante aujourd’hui ?

L’eau est un patrimoine commun et un enjeu existentiel. Alors que l’eau potable représente seulement 3% de l’eau disponible et que cette proportion diminue. Alors que 4 milliards de personnes connaissent des pénuries d’eau sévère au moins une fois par an. Que la moitié de la population mondiale n’a pas accès à un assainissement sûr (2025). Que l’ONU inscrit en 2010 le droit à l’eau potable comme un droit fondamental. 

Le climat mondial approche d’un point de bascule. Au Canada, le réchauffement est plus rapide qu’ailleurs, et les inondations, les pluies diluviennes et les sécheresses se multiplient. Ces aléas ne frappent pas un territoire neutre : ils s’ajoutent à l’urbanisation et aux pressions économiques et sociales, ce qui augmente la vulnérabilité des milieux. Nous agissons dans un contexte VICA, c’est-à-dire volatil, incertain, complexe et ambigu. On ignore l’ampleur exacte des changements, et les institutions peinent à agir de concert. Il devient donc urgent de construire des scénarios prospectifs et de renforcer la résilience des territoires. 

Qu’aimeriez-vous que les participants et participantes retirent/retiennent de ce colloque ?

D’abord, que des solutions existent déjà. Des municipalités, des organismes de bassin, des entreprises et des citoyens expérimentent aujourd’hui des approches nouvelles, dont on peut s’inspirer de part et d’autre de l’Atlantique.

Ensuite, que la gestion de l’eau n’est pas qu’une affaire technique. Les représentations que nous nous faisons de l’eau, la communication des risques et la concertation entre acteurs comptent autant que les ouvrages.

Enfin, j’espère que chacun repartira avec de nouveaux contacts. La résilience se construit en réseau, et ce colloque veut justement tisser des liens durables entre chercheurs et praticiens, entre le Québec et la France.

Quand votre collaboration a-t-elle débuté, quelles en ont été les principales retombées jusqu’à présent et qu’en attendez-vous pour la suite ? 

Nous collaborons depuis plus de dix ans. Cette collaboration a donné lieu à plusieurs colloques, aux Entretiens Jacques Cartier en 2019 et 2020, puis au congrès de l’Acfas à Ottawa en 2024.

La principale retombée est un réseau durable entre le Québec et la région lyonnaise, qui réunit chercheurs en climatologie, en gestion et en communication, municipalités et organismes de terrain. Ce réseau permet de comparer nos expériences et de transférer des pratiques d’un continent à l’autre.

Pour la suite, nous souhaitons développer des projets de recherche appliquée conjoints, associer davantage les villes et les organismes de bassin, et former une relève capable de gérer ces nouveaux risques.


À savoir :

« Défis liés aux aléas hydrométéorologiques dans un monde complexe et incertain »
Colloque porté par l’Université du Québec à Montréal et Sciences Po Lyon
Les 9 et 10 novembre, Centre Pierre-Péladeau (Montréal)
Programme et inscription : jour 1, jour 2