
(Photo : Geoffrey Reynard)
« Bernard, c’est une force tranquille. » Pour Robert Olivier, président de la Fondation du Centre Jacques Cartier au Québec, cette formule résume à elle seule la posture de Bernard Sinou : discret, mais toujours là. « Il ne se met jamais en avant, il est là pour épauler, pour faire avancer, dans l’intérêt du Centre », affirme-t-il. Amandine Bresselle, directrice générale du Centre, insiste sur la solidité de son binôme avec M. Sinou : « Il a toujours été un soutien actif, présent pour échanger chaque semaine. Je connais peu de présidents aussi impliqués. » Pendant la crise du Covid comme dans les périodes de transition, Bernard Sinou s’est affirmé comme un point d’ancrage — un président engagé, proche de l’équipe, apaisant et bienveillant.
Toujours à l’écoute, il a su offrir une présence rassurante dans les moments d’incertitude et faire le lien entre les différentes parties prenantes du Centre. « Il a ce don rare de faire dialoguer des mondes très différents, avec calme et diplomatie, sans jamais perdre de vue l’objectif commun », souligne Robert Olivier. Une posture à la fois humble et profondément politique, qui a non seulement renforcé la cohésion interne, mais aussi permis une forme de gouvernance souple et respectueuse des différences.
Structurer, transformer, relier : un président bâtisseur
Dès sa prise de fonction, en 2020, Bernard Sinou engage un travail de fond pour renforcer les bases du Centre Jacques Cartier. Révision des statuts, modernisation de la gouvernance, recomposition du conseil d’administration… Il veille à ce que la structure devienne plus lisible et représentative. « Il a su remettre à plat les fondations, en tenant compte de l’évolution de notre écosystème, souligne Amandine Bresselle. Et il l’a fait avec finesse, en veillant toujours au respect des équilibres. »
Cette refonte interne s’accompagne d’une ambition plus large, celle de repositionner le Centre comme acteur structurant des coopérations franco-québécoises. Avec Amandine Bresselle, Bernard Sinou initie un virage majeur : la mise en place des rencontres sectorielles. L’objectif ? Aller au-delà des trois jours des Entretiens pour tisser des liens durables entre communautés d’acteurs — entreprises, chercheurs, institutions, associations — tout au long de l’année. « Ce modèle, basé sur un triangle entre le savoir, l’économique et le social, existait déjà en germe, explique Robert Olivier. Mais Bernard en a fait un moteur central, une priorité stratégique. » Là encore, il agit en bâtisseur : « Il ne voulait pas que les Entretiens soient un simple événement, précise la directrice générale. Il voulait qu’ils débouchent sur du concret, sur des coopérations réelles. » Et cela fonctionne. Plusieurs projets en innovation, santé ou bien encore mobilité ont ainsi pu voir le jour. « Avec Bernard, le Centre a consolidé son rôle de catalyseur de projets concrets entre nos deux territoires », conclut Robert Olivier.
Un héritage important, entre enracinement et renouveau
S’il n’a occupé la présidence que quelques années, Bernard Sinou s’inscrit dans la longue mémoire du Centre Jacques Cartier. Présent dès les années 1990 dans l’écosystème, d’abord en tant que représentant d’institutions publiques puis au sein de l’Institut Mérieux, il a accompagné l’évolution du Centre à travers différentes casquettes, bien avant d’en devenir le président.
Parmi les souvenirs marquants, Amandine Bresselle évoque cette anecdote : « Lors d’un voyage institutionnel à Québec, une délégation lyonnaise découvre le modèle du Musée de la civilisation. Inspirée, elle s’en servira plus tard pour imaginer le futur Musée des Confluences. » Bernard Sinou était là, témoin de cette intuition franco-québécoise devenue réalité. Une scène qui résume bien ce rôle d’observateur impliqué, de passeur attentif entre les époques et les territoires.
« Une relation personnelle au Québec et une écoute rare »
Côté québécois, Robert Olivier raconte ses nombreux échanges avec Bernard : « On a découvert qu’on avait eu les mêmes interlocuteurs, les mêmes univers professionnels, parfois à des années d’écart. Bernard est très ouvert, il a mille centres d’intérêt, et il aime les partager. » Le Québec, pour lui, n’est pas qu’un partenaire stratégique : c’est une histoire personnelle, familiale. « Il connaît vraiment nos réalités. Il sait se mettre dans la peau d’un Québécois. Et ça, c’est rare. »
Son rapport à l’humain est aussi profondément marquant pour ses collaborateurs : « Il a été extrêmement bienveillant du début à la fin. Et il s’est toujours soucié de l’équipe dans son ensemble », évoque Amandine Bresselle. À ses yeux, le style Bernard Sinou repose sur une forme de confiance tranquille, mêlée à une grande sensibilité politique : celle qui sait rassembler, apaiser, faire dialoguer les différences, même en contexte complexe.
« Un de ses principaux legs est d’avoir modernisé le Centre », résume Robert Olivier. Une modernisation dans les idées, dans la structure, mais aussi dans la manière d’être et de faire avec les autres. À l’image de cette présidence à la fois exigeante et profondément humaine.