Musée de science biologique Docteur Mérieux : une immersion au cœur de la santé globale

Récemment modernisé, le Musée de sciences biologiques Dr Mérieux propose une immersion accessible pour mieux comprendre un monde où santés humaine, animale et environnementale sont étroitement liées. Entrevue avec sa présidente, Anne de Chiffreville.

Par Centre Jacques Cartier

Actualite Publié le 02 avril 2026 / Dernière mise à jour le 02 avril 2026
Les jeunes publics représentent près de la moitié des visiteurs du Musée de sciences biologiques Docteur Mérieux
(photo : Florent Dubray)

Alors que Lyon s’affirme comme un pôle incontournable de la santé publique en accueillant le Sommet international « One Health » (Une seule santé) du 5 au 7 avril, lumière sur un lieu singulier où science, histoire et pédagogie se rencontrent : le Musée de sciences biologiques Docteur Mérieux.

Installé à Marcy-l’Étoile, au cœur d’un écosystème d’innovation reconnu à l’échelle internationale, ce musée incarne l’héritage du Dr Marcel Mérieux et porte une mission résolument tournée vers la sensibilisation aux enjeux de santé globale. Sa présidente, Anne de Chiffreville, revient sur l’histoire et la vocation sociétale de ce lieu unique, ancré dans un territoire qui accueille des acteurs majeurs des biotechnologies, à l’instar de bioMérieux.

Le musée a réouvert en 2024 après d’importants travaux de rénovation. Quelle vision a guidé cette modernisation ?

17 ans après la création du Musée de sciences biologiques Dr Mérieux, une refonte scénographique s’imposait pour répondre aux attentes de publics toujours plus exigeants et s’adapter à un contexte où la lutte contre les maladies infectieuses est plus que jamais d’une grande actualité, avec des enjeux scientifiques et technologiques majeurs, mais également sociétaux.

Une année et demie de travaux a été nécessaire pour cette refonte scénographique qui plonge le visiteur dans la grande aventure de la microbiologie, où l’histoire livre ses enseignements et donne également des clés de compréhension pour l’avenir. Avec un prisme profondément humain, celui de la famille Mérieux, entrepreneurs de la biologie, et une vision ouverte sur le monde, sans frontière entre santés humaine, animale et environnementale.

Approche « One Health » et santé globale sont au cœur du nouveau parcours permanent pour une nouvelle expérience de visite plus immersive et interactive ouverte à tous.

Une section du musée est consacrée aux théories ayant cherché à comprendre les origines des maladies, notamment la Théorie des humeurs, établie par Hippocrate. (photo : Florent Dubray)
Le Dr Mérieux a profondément marqué l’histoire de la microbiologie et de la vaccination. Comment son héritage se traduit-il aujourd’hui dans les missions et les choix du musée ?

L’engagement de la famille Mérieux dans la lutte contre les maladies infectieuses remonte à 1897 avec la création de l’Institut Mérieux par Marcel Mérieux, chimiste de formation et élève de Louis Pasteur. Après lui 3 générations lui ont succédé porteuses d’une même vision de santé publique, dans le domaine de la sérothérapie, des vaccins et du diagnostic. Marcel Mérieux, après lui son fils, le Docteur Charles Mérieux, puis Alain Mérieux et aujourd’hui Alexandre, arrière-petit-fils du fondateur, se sont engagés dans la lutte mondiale contre les maladies infectieuses, dans la tradition pasteurienne. Avec une approche sans frontières entre médecine humaine et vétérinaire, « One Health » avant l’heure, et une présence mondiale pour lutter contre des virus et bactéries qui ne connaissent ni frontières géographiques, ni barrières d’espèces.

Cette vision pasteurienne reste d’une grande modernité et d’une grande pertinence dans l’environnement actuel où la menace infectieuse ne fait que grandir. 

Au-delà de cette aventure Mérieux, le musée nous parle de science. Il nous fait découvrir le monde de l’infiniment petit et nous sensibilise aux nouveaux défis mondiaux que nous devons relever dans la lutte contre les maladies infectieuses, avec en particulier les menaces épidémiques ou le développement de la résistance bactérienne aux antibiotiques. Et bien sûr, il présente les armes qui permettent d’y répondre.

Le musée revient sur l’apport des pionniers de la microbiologie. (photo : Briac Durand)
En quoi les approches portées par le concept One Health / Une seule santé, qui relie santés humaine, animale et environnementale, résonnent-elles avec les missions et messages du musée ?

Cette approche « One Health », sans frontières entre santé humaine, animale et environnementale, est au cœur du nouveau parcours permanent. 

Dès sa création, il y a près de 20 ans, le musée privilégiait une approche sans frontières entre l’homme et l’animal, nous avons ajouté une dimension environnementale essentielle à la compréhension des enjeux de santé publique actuels. 

Avec les animaux présents au musée, des films, des témoignages, nous montrons à nos visiteurs comment se propagent les microbes, comment ils passent de l’animal sauvage à l’animal domestique, comment ils passent ensuite à l’homme, comment ces microorganismes apprennent à résister pour survivre, comment les foyers infectieux deviennent des épidémies puis des pandémies. Pourquoi cette propagation s’accélère-t-elle aujourd’hui et en quoi l’évolution de nos modes de vie en est-elle largement responsable avec la destruction de la biodiversité, la déforestation, les pratiques agricoles intensives, le réchauffement climatique, l’explosion démographique, la mondialisation des échanges. 

Nous sommes là au cœur de l’approche « One Health ». 

Nous montrons également comment dans une approche intégrée, en agissant pour la santé humaine, la santé animale et la santé environnementale, nous pouvons faire reculer cette menace infectieuse. Et nous montrons que cela est possible !

Nous voulons qu’en sortant du musée nos visiteurs deviennent des ambassadeurs de santé publique, car chacun à son niveau peut jouer un rôle.

Dans un contexte de désinformation et de défiance envers la science et la vaccination, comment le musée peut-il contribuer à rétablir la confiance et susciter l’intérêt des jeunes générations pour les sciences du vivant ?

La science et ses avancées sont malheureusement remises en cause alors même que les innovations n’ont jamais été aussi importantes, ouvrant pour la santé publique des perspectives que l’on n’aurait pu imaginer il y a peu. 

Redonner confiance en la science et les femmes et les hommes qui l’incarnent est l’un de nos objectifs et nous y travaillons, particulièrement auprès des jeunes publics qui représentent près de la moitié de nos visiteurs. Ils sont les acteurs de santé publique de demain et il y a là un enjeu sociétal. Nous voulons leur rendre accessible le monde des microbes et de l’infiniment petit, décrypter avec eux des notions parfois complexes pour en faire comprendre tous les enjeux.

Pour cela, nous accueillons des classes de la maternelle au lycée, et leur proposons des visites et des ateliers en lien avec les programmes de l’Éducation nationale. 

Plus largement, nous proposons à nos visiteurs un voyage à travers les siècles et les continents sur la trace des microbes et des scientifiques qui ont révélé leur existence, puis mis au point des stratégies pour nous en protéger. Nous expliquons comment naissent et se propagent les épidémies et surtout comment la science, avec les avancées vaccinales ou diagnostiques, permet aujourd’hui de les prévenir.

Au programme : une « consultation » avec Hippocrate, la découverte des pionniers de la biologie, la manipulation de microscopes optique et électronique, l’expérience de la culture en boîte de Petri…

Au-delà de cette sensibilisation, nous souhaitons que le musée donne aux nouvelles générations le goût de la biologie, cette science du vivant qui depuis l’Antiquité a fasciné l’humanité. 

Le musée présente notamment un simulateur de microscope électronique à transmission, appareil permettant d’observer des échantillons biologiques très minces. (photo Briac Durand)

«Nous voulons qu’en sortant du musée nos visiteurs deviennent des ambassadeurs de santé publique, car chacun à son niveau peut jouer un rôle.. »

Anne de Chiffreville, présidente du Musée de sciences biologiques Dr Mérieux

Informations pratiques :
Musée de science biologique Docteur Mérieux
309 avenue Jean Colomb, Marcy-l’Étoile

Ouverture :

le mardis, sur réservation, pour les groupes scolaires et adultes
du mercredi au vendredi, pour tous les publics et les groupes, 
le dimanche, pour tous publics.
Plus d’informations 


Des expertes et experts internationaux de l’approche « One Health » réunis lors d’une conférence organisée par l’Institut Mérieux


Plusieurs conférences et activités grand public seront organisées en parallèle du Sommet présidentiel « One Health ». C’est le cas de la conférence « One Health : notre meilleure défense », organisée par l’Institut Mérieux, en partenariat avec emlyon business school, le mercredi 8 avril

Dans un contexte où le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les menaces alimentaires et l’antibiorésistance se renforcent mutuellement, la conférence explorera « One Health » comme un modèle de gouvernance indispensable. Diagnostics, surveillance et systèmes de laboratoire constituent la clé d’une détection précoce et d’une réponse coordonnée entre secteurs humain, animal et environnemental.

La session réunira des expertes et experts internationaux de cette approche : dirigeants d’agences de santé, experts académiques, économistes et industriels, dont Fiocruz, Africa CDC, le One Health Trust, la Toulouse School of Economics et Ceva Santé Animale. Elle présentera notamment de nouveaux travaux économiques sur la lutte contre l’antibiorésistance.

Mercredi 8 avril 2025, de 10h30 à 12h30
Centre international de recherche sur le cancer
25 avenue Tony Garnier, Lyon 7e (métro Stade de Gerland – Le Lou)
Conférence bilingue (français–anglais) avec traduction simultanée.
Inscription gratuite, mais obligatoire.