Effets rebonds dans le numérique

Comment les détecter ? Comment les mesurer ? Comment les éviter ?

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EFFETS REBONDS DANS LE NUMÉRIQUE - COMMENT LES DÉTECTER ? COMMENT LES MESURER ? COMMENT LES ÉVITER ?

LUNDI 2 NOVEMBRE

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PROGRAMME

 

Force est de le constater : nombre des « problèmes » les plus criants au XXIe siècle (environnementaux, socio- sanitaires, politiques, éthiques...) émergent et évoluent plutôt à la manière de paradoxes. C’est dire qu’à travers eux, des « effets rebonds » apparaissent; les solutions mises en œuvre se retournent et exacerbent les enjeux; le serpent se mord la queue. Tout n’est pas perdu pour autant, mais il convient dès à présent de prendre acte de la (con)fusion des genres : d’une part, les paradoxes ne sont pas des problèmes à résoudre. Suivant le paradigme montant de la « ville intelligente », par exemple, la question se pose désormais crucialement de savoir si la participation (citoyenne) numérique relève plutôt de l’option ou de l’injonction : car quelle est la part de la participation (citoyenne) numérique dans la capacité d’innovation et d’auto-transformation d’un territoire ou d’une communauté, face à l'urgence socio- environnementale ? En quoi et jusqu’à quel point la « durabilité » d’une ville, d’un quartier, d’un projet d’urbanisme, ou me?me de l’urbanité en soi, est-elle tributaire des usages et de la participation numériques, et donc des données qu’ils engendrent massivement, avec ou sans condition de consentement ? A travers de telles questions, l’accent se porte sur la dimension paradoxale de l'urgence socio-environnementale, c’est-à-dire sur la réponse à la fois technologique et philosophique qui paraît s’imposer à travers elle. C’est là, en gros, ce qui constitue la trame de fond et l’apport hybride distinctif du projet ici proposé, dont l’effet rebond (aussi dit : paradoxe de Jevons) tient lieu d’axe principal.

« Le paradoxe de Jevons énonce qu'à mesure que les améliorations technologiques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. En particulier, ce paradoxe implique que l'introduction de technologies plus efficaces en matière d'énergie peut, dans l'agrégat, augmenter la consommation totale de l'énergie. » (wikipédia). Ce paradoxe qui date de 1865, est encore pleinement d’actualité : non seulement le phénomène a-t-il été en soi l’objet d’une attention médiatique croissante au cours de la dernière décennie, et son concept l’objet d’une sophistication considérable en sciences économique et de l’environnement ; tout se passe en somme comme si l’essor du numérique en élargissait la portée et l’horizon de signification.

Alors que de nombreux domaines sociétaux subissent une numérisation intensive (agriculture, ville, transport, loisirs...), la croissance de l’empreinte environnementale du numérique ne cesse de grandir. Les impacts environnementaux sont multiples et à toutes les étapes du cycle de vie du numérique (extraction de ressources, fabrication, transport, usage et fin de vie). Le numérique serait ainsi responsable de la génération de 4% des gaz à effet de serre au niveau mondial.

Dans le même temps, certains secteurs du numérique affichent des gains continus en termes d’efficacité énergétique et la numérisation pourrait permettre d’atténuer les impacts d’autres domaines; mais ces innovations technologiques ne semblent pas inverser les tendances qui sont toujours à la hausse. Ces innovations provoqueraient-elles des appels d’air pour d’autres usages du numérique ? Les modèles économiques et d’usage appliqués dans le numérique (bande passante illimitée, services numériques « gratuits », visionnage de vidéo à la demande par abonnement..) seraient-ils des accélérateurs réduisant à néant les gains en efficacité ?

Tout semble indiquer que des effets rebonds sont à anticiper face aux nouvelles applications numériques (comme la 5G), mais ces effets rebond sont difficiles, voire impossibles à mesurer tant les chaînes de causalité qui les sous-tendent sont complexes et enchevêtrées. La question se pose donc de savoir comment appréhender ces effets par-delà les occasions et le cadre que nous offre la technique, dont les nouvelles potentialités du et le numérique font partie ? Comment détecter et anticiper les effets rebond en lien avec les améliorations et usages du numérique, sans pour autant en venir à un usage du numérique qui exacerbe le phénomène à mesurer et à éviter ? Quelles sont les techniques et approches (tant quantitatives que qualitatives) qui permettraient de le détecter, de l’anticiper et de le « gérer », là où et quand la mesure et l’évitement semblent de plus en plus relever de l’impossible ?

Ce colloque est une sixième édition après le succès du colloque «Les technologies de l’information et de la communication sont-elles vertes ?» organisé lors des Entretiens Jacques Cartier 2011 à Montréal du 9 au 10 Octobre 2011, le colloque 2012 «Vers des Technologies de l’Information écologiques et efficaces en consommation énergétique», organisé à Lyon les 19 et 20 Novembre 2012, le colloque « Vers une société numérique à développement durable : des Nuages aux Objets Connectés » organisé à Montréal du 16 au 17 Octobre 2017, le colloque "Concilier société numérique et éco-responsabilité : impact sur les milliards d’objets connectés, les réseaux et les Nuages" organisé du 12 au 13 Novembre 2018 à Lyon et le colloque "Atteindre les ODD en combinant leviers technologiques et computationnels, économie circulaire et transdisciplinarité. Mission impossible ?" organisé du 4 au 5 Novembre 2019 à Montréal.

9h - 9h15 // 15h - 15h15 I Introduction, définitions et enjeux

_Marie-Luc Arpin, Université de Sherbrooke

_Laurent Lefebvre, INRIA, ENS de Lyon

9h15 - 10h // 15h15 - 16h I Introduction aux effets rebonds

_Jacques Combaz, Verimag

10h - 10h30 // 16h - 16h30 I Effet rebond et autres conséquences indésirables de l'économie circulaire sur l'environnement : origines, enjeux d'évaluation et implications pour la 5G

_Geoffrey Lonca, HEC Montréal

10h30 - 11h // 16h30 - 17h I L'effet rebond : un effet d'optique ?

_Fabrice Flipo, Institut Mines-Telecom

11h - 11h30 // 17h - 17h30 I Le numérique en mode circulaire : effets rebonds du côté de la gouvernance des flux de matière

_Stéphanie Leclerc, Université McGill

 



Entretiens Jacques Cartier : le Sommet virtuel 2020 - #EJCVIRTUEL
Le rendez-vous Auvergne-Rhône-Alpes (France) x Québec x Ottawa
Numérique et technologies

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