StartupFest 2016 : le bilan

Par les entrepreneurs d’Auvergne-Rhône-Alpes

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25 Aug 2016

Les startups gagnantes du concours entre Air Canada et le StartuFest se sont envolées du 13 au 16 juillet à Montréal et ont joué le rôle d’ambassadeurs rhônalpins pendant l’événement. Le 3 août, le Centre Jacques Cartier accueillait Ludovic, Fondateur de CityLity, Eléonore, Fondatrice de CleanCup ainsi que Mathilde et Margot, Fondatrice et Chargée de communication de Fundy autour d’un petit-déjeuner dans ses locaux, afin d’échanger sur leur expérience québécoise, en compagnie de Benoit Loeillet du Tuba.

Tout d’abord, merci à vous tous de vous être prêtés au jeu des ambassadeurs rhônalpins pendant le StartupFest ! Alors, qu’avez-vous pensé de la ville de Montréal ?

Eléonore de CleanCup : “La qualité de vie est très agréable, relativement similaire à celle de Lyon. Malgré le nombre d’habitants et la taille de la ville on ne ressent pas du tout le côté “foule” qu’il peut y avoir à Lyon. J’ai été agréablement surprise par la serviabilité des citoyens. Par exemple je venais d’arriver à Montréal et j’ai tout juste eu le temps d’ouvrir ma carte pour savoir où aller qu’un habitant est venu me voir et m’a demandé si j’avais besoin d’aide ! Il m’a même conseillé un café fort sympathique. Quel accueil !”

Margot de Fundy : “Ce que j’ai le plus apprécié à Montréal c’est la multitude de festivals et surtout qu’ils soient accessibles et gratuits. Ça change de Lyon qui est une ville relativement calme l’été.”

Eléonore : “Oui, c’était top ! En particulier le piknic électronik (événement musical en plein air tous les dimanche d’été sur l’île Jean-drapeau à Montréal). Je regrette d’ailleurs d’avoir dû partir tôt pour ne pas plus en profiter !”

Ludovic de CityLity : “C’est sûr que la ville est créative avec ses festivals en pleine rue, directement dans la ville, et ses quartiers atypiques, mais selon moi Lyon n’a rien à lui envier. Par contre la relation et la proximité qu’ont les institutions vis à vis des entrepreneurs encouragent vivement d’y entreprendre. Les relations pros sont très simples et sans complexes à Montréal et je trouve ça très agréable. »

D’ailleurs, comment s’est déroulé le fameux StartupFest ?

Ludovic : « Les journées étaient rythmées par des conférences de diverses personnalités. Le festival était composé de deux principaux espaces :  le lieu où se déroulaient les pitch (les entrepreneurs devaient « pitcher » leur projet en quelques minutes) et l’espace « principal » qui servait de bar, de lieu d’échanges et d’écoute. Je me rappelle qu’il y avait une tente spécialisée réalité augmentée et une autre où se retrouvaient les accélérateurs / incubateurs, la zone de pitchs avec des grands mères ou avec des investisseurs. Chaque délégation avaient son propre espace et la tente française attirait d’ailleurs beaucoup de personnes ! A côté de toutes ces tentes, il y avait de nombreux foodtruck partout sur le site. C’était très animé !

Le réel avantage du StartupFest c’est d’avoir pu présenter notre projet devant des investisseurs américains toute la journée. Ca m’a permis d’améliorer mon pitch de présentation de CityLity, de le retravailler « à l’américaine », c’est-à-dire droit au but. Les investisseurs américains, bien qu’habillés très relax, savent ce qu’ils veulent et posent directement les bonnes questions. Ils sont très demandeurs de chiffres et de concret. En fait il n’ont pas les mêmes exigences qu’en France où connaître le parcours ou les études supérieures du fondateur est presqu’un automatisme. Je trouve ça beaucoup plus valorisant et enrichissant pour la société. »

Quelle est la meilleure phrase entendue au StartupFest ou à Montréal ?

Ludovic “C’était au StartupFest lorsque j’ai présenté mon business model devant les investisseurs. CityLity est une application un peu couteau-suisse, c’est-à-dire qu’elle offre plusieurs possibilités dans un service. Pour certains américains, il est encore trop tôt pour de telles innovations de business model. C’est là que l’un d’eux m’a dit « One pain, one gain, one product » . »

Eléonore : “La meilleure phrase, je l’ai entendu à la gare (Espace de co-working à Montréal) où pendant un échange j’entends parler de « 5 à 7 » ! C’est surprenant de voir qu’une même expression peut avoir une signification aussi différente d’un pays à l’autre. (Au Québec, un 5 à 7 est un afterwork professionnel). »

Margot : « Après, il y avait toutes les expressions que les québécois utilisent comme par exemple le “dépanneur” ou le “breuvage” qui sont toujours surprenantes les premières fois ! »

Selon vous, quelles sont les grandes différences entre Lyon et Montréal en terme d’accompagnement et d’entrepreneuriat ?

Ludovic : « À Montréal l’entrepreneuriat est très valorisé, et intéresse les institutionnels. A Lyon, c’est un peu plus difficile. Après 10 mois passés ici et mon rôle d’ambassadeur ONLYLYON, je trouve encore qu’il n’est pas évident de les convaincre à nous aider à communiquer et rayonner. »

Mathilde : « La grosse différence c’est qu’en France le système incubateur est supporté à 98% par l’Etat, alors qu’à Montréal ça ne marche pas du tout comme ça. Je trouve que les incubateurs sont une bonne chose car cela permet aux entrepreneurs de ne pas être isolés, surtout qu’à Lyon tous ces écosystèmes se connaissent et communiquent entre eux. C’est une véritable communauté qui a aussi ses inconvénients. Par exemple c’est très procédurier et si on ne rentre pas dans les cases on ne peut pas bénéficier d’un accompagnement ou de certains financements. C’est peut être pour ça qu’il y a beaucoup moins d’incubateurs à Montréal.  L’Etat n’est pas derrière donc si une structure ne fonctionne pas, elle ferme. »

Eléonore : « Oui, c’est une des choses qui m’a étonné : le Maire parle et considère la ville comme une entreprise. Il parle de Montréal comme d’un projet qu’il faut développer et accélérer. Il a d’ailleurs annoncé : « Montréal think global, act local ».

« J’ai aussi remarqué qu’il y avait très peu de Fablabs à Montréal. Je trouve que c’est dommage car c’est vraiment important pour les startups. D’autant plus que cela fonctionne comme un espace de coworking. »

Finalement, que retenez-vous de cette expérience ?

Ludovic : « Je pense que pour se lancer à Montréal, au Québec ou en Amérique du Nord en général, il faut avoir un produit déjà développé, un projet déjà bien mature. Les Canadiens sont très enthousiastes et accessibles mais passer l’étape du concret est beaucoup plus difficile. Ils auront tendance à privilégier les produits ou services locaux. Je pense aussi que l’ouverture de la ligne Lyon-Montréal est une excellente chose pour les affaires. Dans tous les cas j’ai hâte d’y retourner ! »

Margot et Mathilde : « Cette visite nous a surtout permis de réaliser que le crowndfunding, ou sociofinancement comme il est dit au Québec, n’a pas les mêmes conditions ni de contexte réglementaire qu’en France ! Fundy n’a donc pas encore sa place là-bas. »

Eléonore : « C’est vrai que c’était peut-être un peu tôt pour CleanCup également, mais ça a le mérite de m’avoir permis de découvrir l’écosystème canadien et d’élargir mon réseau. »

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